Six longues années séparent Blood de Diving rooms mais le groupe ne semble pas avoir perdu son temps et livre avec ce disque un fin recueil de (pop) noisy rock mélancolique, fouillé et varié qui met à l’honneur le chant de Sasha Andrès, les apparitions du sax de Raul Colosimo (très MEN AT WORK ?) et la gratte de Philippe Tiphaine, reléguant par contre la section rythmique, habituellement fort tendue, à l’arrière-plan. On ne regrette pourtant pas que le groupe évolue vers quelque chose de moins obscur que le passé l’avait laissé entendre. Courageuse remise en question musicale, ou virage façon montagnes russes pour faire causer les puristes-qui-savent-tout-mieux-que-les-artistes-eux-mêmes, Blood est une chouette effusion à conseiller chaudement aux fans de FUGAZI, SONIC YOUTH et SLOY par exemple, voire aux néophytes complets car le son généralement rond du disque n’effraiera pas les curieux comme la froideur des précédents pouvaient le faire.

(nawakulture.fr)

HELIOGABALE et moi c’est une vieille histoire d’amour qui remonte à une quinzaine d’années lorsque j’écoutais que du post rock tel que SHELLAC, JUNE OF 44, PROHIBITION, etc. Donc, je me retrouve convié à un apéro pour la sortie de « Blood », où je passe un moment à discuter avec Philippe (le guitariste) sur les fois où j’ai vu HELIOGABALE en concert, le groupe, les albums,etc. Puis je repars avec mon album sous le coude en deux exemplaires cd et vinyl…

Une fois dans la platine, la sonorité de la voix de Sasha me revient directement mais pas comme avant, en plus dérangeant, en fait moins « Bjork » comme beaucoup ont pu dire à l’époque…On se retrouve avec des morceaux plutôt noisy « Q For Qing » avec son petit plan guitare folk terrible, voir même noisy pop « Providence Process » et des titres plus torturés avec des refrains entêtants « Ô My Friends » avec les plans de batterie remplis de tomes…excellent! D’ailleurs voici le clip.

« Strings Theory » et « Foolish if » sont très mélodiques rappelant des vieux trucs sans pour autant perdre l’identité propre à HELIOGABALE. Identité renforcé sur certains titres par un saxo, du meilleur goût. « Knocked Out » est un morceau très lent, calme avec une petite montée en pression et un retour au calme appuyé par ce saxo, génial. Le coté groovie du basse/batterie de « Juicy Fruit » me rappelle SLOY par son esprit tordu appuyé par le chant légèrement barré que l’on retrouve aussi sur « Drink This Jab » dont la ligne de basse ne vous lâche pas, nickel. Enfin, on arrive à « Rewind », là je ne sais pas comment vous dire, si peut-être un chef d’œuvre. Pas une boulette, juste la perfection, les frissons qui m’envahissent dès les premières notes tel « Sink Is Busted » de JUNE OF 44, l’arrivé du plan saccadé, le retour avec les descentes de tomes, désolé mais je suis obligé de l’écouter deux ou trois fois d’affilé, c’est fantastique.

Voilà donc un aperçu écrit de mon point de vue, mais il ne remplacera pas une oreille de votre part car HELIOGABALE, c’est pour moi une musique et un chant qui vous possèdent, il faut donc l’ouïr pour le croire. A vous de jouer…

(zikannuaire.com)

Heliogabale est l’un des derniers rescapés de la foisonnante scène française de rock estampillé « noise » dans les années 90. Même si Hint revient avec Ez3kiel, Portobello Bones est bien loin… Qu’importe. Il convient de recadrer Heliogabale dans ce millénaire. Blood, produit par Antoine Gaillet (M83, BB Brunes), est un magnifique album de rock teinté noise. On s’attache à la voix de Sasha Andres : aussi bien rauque et sombre que plus aiguë et enjouée, elle sublime le côté mélancolique omniprésent ou s’énerve à bon escient dans les (en)volées de bois vert.

dB
(journalventilo.fr)

Let there be blood
Blood haben die Franzosen Heliogabale ihre neue Scheibe getauft. Auf dem Cover sieht man ein Zigarettenbürscherl mit blutiger Nase. So was Ähnliches gab’s vor Jahren mal auf dem Cover von Andrew A.K. zu sehen. Dahinter verbarg sich ziemlich mieser Gröhl-Party-Metal der schnell wieder vergessen wurde. Hier fließt das Blood aber ganz dezent, keine gebrochenen Nasenflügel, lediglich ein feines Rinnsal bahnt sich seinen Weg durch den Oberlippenbartflaum. Also kein Metal, blood’n’gore Fetischisten sollten ihre Finger weg lassen. Es gibt leicht schrägen Gitarrenpop zu hören, der Gesang liegt manchmal ein wenig daneben, was aber bestimmt gewollt ist. Beim Opener Q For Qing dachte ich spontan an frühe Placebo aber der Gedanke ist so schnell weggewischt, so wie das Nasenbluten vom Coverboy. Die 10 Songs sind gefällig, haben einen Hang zu den großen Zeiten dieser Musik in den 90er Jahren. Gut gespielt ist es allemal. Der ganz große Wurf ist den Franzosen nicht gelungen, aber ärgern muss man sich nach einem Blindkauf auch nicht.

(titel-magazin.de)

Heliogabale, l’énième retour. Quinze ans d’activisme, cinq albums et un EP, une présence discrète dans les salles de concerts. Heliogabale, un des derniers mohicans de la scène noise-rock française du début des années 90 avec les Kill The Thrill. Ils font parti du paysage sans vraiment y être. On n’est même plus surpris de les réentendre après six ans de silence et un Diving Rooms excellent.
Heliogabale a toujours eu l’habitude de souffler le chaud et le froid. De s’offrir une image contrastée. Ce sont les anti-Marvin. Loin d’être potes avec tout le monde. D’être d’une sociabilité à toute épreuve. De sillonner les routes à la recherche du moindre concert. Un parcours erratique, une situation où ils ne semblent plus rien attendre de spécial. Se faire plaisir, libre de faire ce qui leur passe par la tête.
Exit le noise-rock de Diving Rooms qui renvoyait à leur début rimant avec sombre et dépravé. Exit les atermoiements de Mobil Home. Blood raconte une nouvelle histoire. Et elle a été tiédasse au début. Le sang ne coulait pas à flot. Heliogabale a décidé de se la jouer beaucoup plus tranquille. Confier l’enregistrement et le mixage à Antoine Gaillet et Patrick Müller, qui se sont occupés de M83 et BB Brunes entre autres, est un premier signe. Surtout quand dans son histoire, on a plus eu l’habitude de Ian Burgess et Steve Albini. Voix en avant, ça toujours été un peu ça chez Heliogabale mais là, c’est encore plus flagrant. Guitare en retrait. Bien dommage car elle en a des choses à dire. C’est même elle qui fait tout le boulot. Son léché, ajout d’un saxophone (sur Ô my friends et sirupeux sur Zigzag) pour un éclat vieillot s’intégrant difficilement. Heliogabale aurait décidé de se remettre en cause qu’ils n’auraient pas fait autrement.
Mais une fois cette barrière passée, force est de reconnaître que la qualité des compositions est là. Le nerf de la guerre. Un Heliogabale à nu, qui ne se cache plus derrière les dissonances et la véhémence. Le sombre s’est transformé en une mélancolie douce-amère. Le poids de l’âge, le fil des ans. La guitare de Philippe Thiphaine déploie des trésors de finesse mélodique, tire l’album vers le haut, là où la section rythmique se fait plus discrète que d’habitude. Mais qu’on ne s’y trompe pas. La tension est présente, larvée sous ces faux-airs de pop-rock sans danger et les morceaux finissent par s’imposer d’eux-mêmes. Foolish If, l’énorme Knocked out où on jurerait entendre les gémissement d’un Eugene Robinson (Oxbow), Juicy Fruit et la ligne de basse inspirée de Vivian Morisson (qui a quitté le groupe depuis), Q for qing, malgré la voix rocailleuse de Sasha Andrès bien trop sur le devant, le subtil Rewind terminant l’album d’un groupe qui ne rembobine pas le fil de son histoire, ne regarde pas derrière lui. Heliogabale tisse sa toile patiemment et malgré une piqûre initiale inconfortable et des défaillances, Blood finit par couler dans vos veines, évident.

SKX (03/10/2010)
(perteetfracas.org)

Il était attendu, ce nouveau Heliogabale, après un Diving rooms datant tout de même de…2004, et tant on sait que dans son registre entre noise caractérielle et élans plus apaisés, le groupe de Sasha Andres fait montre d’une maitrise qui n’est plus à démontrer.
Ici, et sous la houlette de Patrick Müller et Antoine Gaillet, Heliogabale poursuit son travail de « mélodisation » de ses morceaux, et le tout, bien que doté d’envolées rageuses et de moments belliqueux (l’énorme Q for qing en ouverture), s’avère posé (Ô my friends, un Strings theory aux accélérations bienvenues), mais dans une option en trompe l’oeil dans le sens où derrière ces atours tranquilles pointe une énergie qui ne demande qu’à s’exprimer (Foolish if. puis ce Providence process saccadé).
Simplement, la formation Francilienne la distille de façon parcimonieuse, moins directement brute que sur The full mind is alone the clear, par exemple, sans y perdre de sa cohérence. Au contraire, cette orientation lui permet de faire respirer l’ensemble et quand bien même on regrette dans un premier temps le peu de moments colériques, le tout est assez relevé pour faire mouche et convaincre. Et l’allant d’un Zigzag, couplé à, la voix de Sasha, toujours attrayante, équilibrée entre attitude enjôleuse et ouvertures plus belliqueuses, fait de ce nouvel album un must de cette rentrée au même titre que l’album des parisiens de Pilöt, Mother. On appréciera également la distinction de Knocked out, suivi d’un Juicy fruit déviant et tourmenté de bon aloi, et on s’inclinera devant la pertinence de Blood, lequel, au bout de l’effort d’assimilation qu’il exige, dévoile un contenu de haut niveau.
De surcroît, la vigueur de Drink this jab, aux guitares très Sonic Youth, puis un poppy Rewind, chanté avec délicatesse et fort de plages énervées, permet à Heliogabale de tenir sur la durée et d’assurer une fin d’album de haute volée.
Le nouveau cru Heliogabale mérite donc le détour et risque même de venir se placer en chef de file, aux côtés de formations plus jeunes comme Pilöt et Adam Kesher, en tête de peloton d’une scène française décidément fournie, fort d’une expérience et d’une maturité qui lui garantissent une réussite constante.

(foutraque.com)

Comme le jazzman pose la sourdine sur sa trompette, ils ont jeté un voile gracieux sur leur noise remuée. Et de ce fait les veines rougies palpitent en transparence.
Il y a longtemps déjà – ils ont choisi la voie de l’élégance. Ils tiennent toujours le cap, leurs chocs complexes font saigner le velours . Cette nuance-là, qui les différencie d’ autres, ils l’ont sûrement vite pressentie, et la travaillent encore…

… Blood – Guitares compliquées tapies dans l’ombre bleutée. Petites écorchures.
Sasha Andrès toujours investie et si peu femme-enfant, cependant moins paroxystique qu’auparavant. Presque sobre, malgré les tiraillements et accélérations, le mot juste est sans doute à chercher dans les limites: rage contenue, « presque-explosion » . L’électricité instrumentale entre vague fatigue et détermination suit ce même flux – nommé Blood .

Et, progressivement, la masse discrète s’impose, en une circulation de titres obstinés. S’impose, pourtant moins hérissée que The Diving Rooms (2004), moins noire-imposante que les premiers nés abrupts des 90’s ( Yolk, To Pee, l’inégalé the Full Mind is Alone The clear…) S’impose, car même les tâtonnements ou ce qui peut apparaître comme légère maladresse, titres à la réussite semi-complète, ne se départissent jamais de cette grâce dénichée – il y a longtemps déjà.

(poin-poin.com)

Heliogabale (du nom d’un empereur romain extravagant) a toujours été un groupe à part dans le paysage noise français. N’ayant jamais été populaires comme ont pu l’être des Condense au même moment, ils bénéficièrent pourtant d’une aura impressionnante auprès de leur public. Les parisiens ont toujours navigué loin, si ce n’est à contre-courant, des modes, piochant dans la no wave quand les compères aiguisaient les angles d’une noise agressive, jouant la froideur quand d’autres parisiens prohibés jouaient la sensibilité, et ouvrant leur musique aux intonations bjorkiennes (sur « Mobile Home ») quitte à voir les foudres de l’intelligentsia noise s’abattre sur eux. Pourtant, envers et contre tous, Heliogabale a traversé les époques et revient, là encore, où on ne l’attend pas. Voilà 6 ans que le groupe n’avait pas donné de nouvelles discographiques. Le temps, sans doute, d’explorer de nouvelles voix, de trouver de nouveaux repères (le groupe étant dorénavant séparé géographiquement).
Premier contact avec le disque: cette superbe photo de pochette, ce nez délicatement ensanglanté, et ce nom, « Blood », qui semble appeler un retour au contact physique. Mauvaise pioche, le groupe, s’il n’a pas perdu son approche noisy, et ses accords étranges, n’attaquera pas de face sur cet album. On y retrouve bien les premiers amours no-wave, mais l’approche est plus posée. C’est bien le nez DELICATEMENT ensanglanté qu’il faut retenir.
L’album débute sur l’un des meilleurs morceaux, ‘Q for qing’. La noirceur d’Héliogabale se réchauffe avec un groove digne de certains Fugazi, et une production qui n’est pas sans rappeler le dernier album d’Oxbow. Si le quatuor ne renie en rien ses premiers amours — Sonic Youth reste une référence indéniable (notamment sur « String Theory ») — la comparaison incurable avec Lyndia Lunch est définitivement dépassée. Le voile noire des robes de Sasha s’éclaircit. Le propos, tout aussi troublant, se veut plus accessible. Les influences se diversifient. Les compositions, parfaitement menées, ne cherchent plus à vous perdre, mais à vous raconter une histoire. Recherche réussie. L’expérience du groupe parle. La guitare excelle (passant d’un blues noise à la Oxbow, à la funk des 70s sans que vous vous en rendiez compte). J’imagine parfois une autre batterie, moins en retrait, plus frontale, mais peu importe. Jamais ces aficionados du glacé n’ont autant joué la carte de la couleur, et d’un certain groove. Heliogabale se réchauffe, quitte à perdre quelques corbeaux au passage. Et ça leur va à ravir.
On regrettera juste les quelques passages de saxo (Raul Colosimo) qui tirent les compos vers certaines productions eighties. Et puisque nous parlons production, difficile de ne pas revenir sur cette production particulièrement léchée qui, si elle peut rappeler, comme je le disais précédemment, le dernier album d’Oxbow, détache étrangement le chant du reste de la musique. La voix de Sasha, mise en avant, ne se mélange quasiment jamais avec le reste du mix. J’ai du mal à me faire à ce choix, surtout vu les placements déjà originaux de Madame. Il ne fait qu’accentuer la séparation géographique du groupe. A quoi bon ?
En dehors de cela, ce « Blood » (dont on retiendra notamment Q for Qing, Providence Process, et Juicy Fruit) replace Heliogabale sur le devant de la scène, comme on l’aime, loin des modes et des clivages. Unique. Malheureusement, malgré une approche légèrement plus accessible, on sait que ce disque restera le secret de certains. Ainsi soit-il.
[mg]
(positiverage.com)

Dopo quindici anni i parigini Heliogabale restano fedeli all’indole indie. Un po’ come i nostri Uzeda, ma meno aggressivi dei sicliani, gli Heliogabale suonano compatti e senza fronzoli, sospesi tra melodie e affondi sferraglianti.
In “Blood” la matrice è quella del noise post punk, che li arena, per fortuna, ai fasti del miglior post punk degli anni ’90, per intenderci quelli dei Jesus Lizard e ovviamente degli Shellac. A proposito di Shellac i francesi nel passato hanno avuto a che fare anche con Steve Albini ed in questo lavoro degli utili strascichi sono ben presenti.
Tra i brani che colpiscono di più troviamo “Juicy fruit”, particolarmente vibrante ed ipnotica e le contraddizioni intriganti presenti in “Foolish if”, capace di essere riflessiva con le chitarre che precipitano in profondità, sostenute da un’ottima base ritmica.
Accattivanti poi risultano il post punk di “Q for qing” un pugno allo stomaco direttamente dai ’90 e “O my friends” con quel falsetto della cantante che attira come una calamita ed instilla nell’ascoltatore l’illusione necessaria di ascoltarla sempre…e sempre.

(freakout-online.com)

La filiation par les mères, la Syrie, la puissance génératrice au féminin. La Syrie… bon… La Syrie en anglais oui. Avec l’accent bien beau. Comme celui de Lætitia Shériff quand elle sait rester seule. Qu’elle parle -grand mère- comme Heliogabale laisse le pourvoir à sa mère. Ce qui me paraît étrange dans ce nouveau HELIOGABALE, c’est qu’il tangue du côté d’OXBOW. Dans la manière de composer. Certes, on va me rappeler que Philippe Thiephaine joue sur le dernier live des américains (face -Here-) mais qu’importe, le 6ième album des parisiens me rappelle une manière particulière de poser la voix sur la mélodie (cf -foolish if- en écoute plus bas…). Les tubes murissent avec le temps, ils tombent logiquement, avec talent, versant indie rock, je dirais même – indie rock à l’ancienne – o my friends – foolish if – zigzag – Et même si l’accent plaintif me donne parfois l’impression de mater un film francais en anglais, les mélodies développées me font carrément dire qu’HELIOGABALE occupe le haut de la pile en ce moment quand une envie pop se fait sentir. Un disque sensible, super mélodique par rapport au précédent -diving room- mais quand c’est assumé, les idées foisonnent et les masques arty tombent. HELIOGABALE fait dans la mélodie et çà leur va bien. – Comme pour Lætitia Shériff, dommage que Sacha ne chante pas avec la baguette et le béret, HELIOGABALE aurait pu toucher le pactole radiophonique avec ce disque !

(stnt.org)

Je crois que la fois où Sasha Andrès, chanteuse d’Heliogabale, s’est saisi d’une canette de bière à moitié vide et, dans un geste brutal et un peu théâtral, l’a jetée droit devant elle et que cette cannette et son contenu me sont arrivés directement dessus, je crois que cette fois là constitue l’un de mes meilleurs souvenirs de concerts. Non pas que j’aime bien me prendre des objets divers et variés dans la gueule lorsque je vais quelque part pour écouter de la musique mais cette tentative désespérée de faire réagir un public lyonnais bien trop clairsemé et peu attentif à la musique d’Heliogabale – le groupe venait de publier son deuxième disque, le mini album To Pee – ne m’a pas fait broncher d’un iota, tout hypnotisé que j’étais par le quatuor et sa musique.
C’était la première fois que je voyais les parisiens en concert et ils avaient tout fait pour justifier leur réputation énervante de parfait groupe prétentieux, à commencer par la robe de soirée noire très classe de Sasha Andrès et le logo des Cahiers Du Cinéma étalé en très grand sur la grosse caisse de la batterie. Le groupe jouait à fond ses hymnes noise rock et décadents, Billy The Silly, Naked Blue ou Bone Structure Matters. Il y avait peu de groupes aussi violents et aussi commotionnant qu’Heliogabale. Il n’y en a toujours pas beaucoup.
Je ne comprendrais jamais pourquoi ces quatre musiciens n’ont pas eu davantage les honneurs d’une scène française particulièrement bouillonnante dans les années 90. Heliogabale faisait partie des meilleurs. Ou plutôt je ne le comprends que trop bien : une discographique erratique, un album (Mobile Home) particulièrement incompris à sa sortie (alors qu’il est en tous points excellent, son seul tort était d’être trop différent de ses prédécesseurs), des apparitions en concert plutôt rares, un silence de plus de cinq années avant un retour fracassant et un album gigantesque en 2004 (Diving Rooms) et une certaine perversité à jouer d’une aura arty et hautaine – que voulez vous les gens n’ont aucun humour ni aucun sens du sarcasme, particulièrement les punks et les incultes.
Nouveau silence. En 2009 Heliogabale fait savoir que le groupe a à son actif suffisamment de compositions prêtes et déjà enregistrées – Heliogabale en auraient 21, seules 10 vont être retenues pour le nouvel album – pour pouvoir enfin sortir un nouveau disque et le groupe lance donc un appel aux labels éventuellement intéressés. Quelle misère. Finalement ce sont deux structures activistes et désormais incontournables du paysage musical local qui répondent présent : le collectif A Tant Rêver Du Roi et Les Disques Du Hangar 221, les premiers s’occupant de la version vinyle*, les seconds de la version CD.
Ce nouvel album tant attendu d’Heliogabale s’appelle Blood. Sa parution officielle est prévue pour le 15 septembre prochain. Autant dire que comme à chaque fois avec Heliogabale, le groupe ne s’est pas contenté de refaire à l’identique ce qu’il avait déjà gravé sur ses précédents disques. On retrouve bien sûr la patte d’Héliogabale, dès le premier titre du disque, Q For Qing et son noise rock vampirique et lancinant, conduit par une ligne de basse tournante comme le groupe en a le secret**. On retrouve également la voix incroyable de Sasha Andrès, tour à tour rauque et venimeuse, passant de l’inquiétant à des choses plus virevoltantes et papillonnantes (Ô My Friends, Zigzag). Mais pour celles et ceux qui aimeraient réentendre encore une fois le nihilisme sanglant des débuts du groupe ou la recrudescence rageuse de Diving Room, le mieux est d’aller directement réécouter les disques concernés. Car Blood, malgré son nom, est un album calme, très mid tempo, pas vraiment bruyant mais flirtant avec bonheur avec une indie-pop classieuse et impériale (Foolish If). Il n’y a pas de dérapages hystériques ni d’explosions soniques ici mais une collection de chansons aussi basiques qu’évidentes, des compositions qui tournent autour de deux ou trois idées simples mais percutantes, un songwriting de haute volée.
Knocked Out est l’un des sommets de Blood. Heliogabale y distille un blues lancinant, hanté par la ligne de chant et la voix grave de Sasha Andrès, un titre qui n’est pas sans rappeler certains accents d’Oxbow et d’Eugene Robinson. On note également sur ce même Knocked Out ainsi que sur deux ou trois autres titres l’apparition d’un saxophone, il s’agit de celui de Raul Colosimo***. Juicy Fruit et Drink This Jab réjouiront pour leur part les éventuels grincheux qui trouvent Blood un brin trop pop mais cela n’empêche pas Heliogabale d’y faire toujours preuve d’une certaine retenue, si tension il y a elle est sous-jacente, insidieuse et d’ailleurs c’est bien sur ce terrain là que joue également Rewind, superbe conclusion d’album, avec son lyrisme acide et son émotion palpable.

* une grande première pour Heliogabale puisque mis à part Billy The Silly publié sur un split single avec The Crooner Of Doom et les deux titres du groupe en compagnie de Didier Petit sur le LP File Under Music publié en 1996 par le label Rectangle, Heliogabale n’avait jamais sorti de vinyle
** malheureusement Vivian Morisson, qui joue sur Blood, a depuis quitté Heliogabale et il sera remplacé par Brice Pirotais des Hurleurs
*** il joue dans un duo appelé Map Jazzy ainsi que dans MysterYProd, un groupe plus protéiforme auquel a déjà collaboré Philippe Thiphaine, guitariste d’Heliogabale

(666rpm.blogspot.com)

Dopo l’ispiratrice riesumazione, artistica s’intende, di Eraclito, un’altra formazione si affida alle personalità eccentriche della storia per definire la loro identità. Eliogabalo fu a capo dell’impero romano per meno di vent’anni: il tempo di assumere la fama di gay e addirittura transessuale e di aver soffocato ospiti di un suo banchetto attraverso montagne di petali di rose. Nessun insegnamento filosofico illustre ci è stato lasciato da questa eccentrica personalità da poter riutilizzare per delle canzoni due millenni dopo; e vista la caratura macchiettistica del personaggio e quella più consistente del gruppo che ne prende il nome, gli Heliogabale, è solo un bene. Dedito al post rock di matrice grunge, tant’è che la loro strada si è incrociata con quella del guru Steve Albini, il quartetto francese cavalca la scena da ben quindici anni, da quando gran parte della linfa vitale dei generi suddetti era già stata versata e spalmata su vari lp. Questo sesto disco, dalla copertina inquietante e scioccante quanto quelle dei lavori precedenti che vi invito a osservare (n.d.r. questo è il loro sito ufficiale), è in parte molto manieristico, se non altro per il lungo periodo di attività alle spalle, sebbene riesca a offrire episodi efficacissimi. La voce sguaiata al punto giusto di Sasha Andrès divaga sulla melodia, accalappiando comunque l’ascoltatore nel momento del ritornello, con temi comunque seri (Q for Qing gioca con le parole King e Queen per affrontare il tema dell’omosessualità). Niente da dire neppure riguardo la parte strumentale, sincopata quando serve e che quando tira per le lunghe affida al sax l’arduo compito di divagare in solitudine. E’ un buon disco, che conferma come la maniera affidata a una leggera ispirazione possa dare comunque ottimi risultati.

(indie-eye.it)

Si nous devions relever une unique constante dans le parcours d’Heliogabale, ça serait leur inaliénable envie de donner une inspiration nouvelle à chacun de leur disque. Heliogabale est un groupe instinctif et prédateur, qui avec le regard porté au loin, ne peut que se résoudre à avancer pour survivre. Pas question de traîner le passé, si glorieux soit-il, comme une chaîne de plomb, Heliogabale n’a que l’écriture indélébile pour agir sur le fil de son histoire. Même le départ de Vivian Morisson, bassiste originel qui a participé à la composition de Blood, n’a pas empêché le groupe parisien de donner de superbes concerts avec Brice Pirotais (Les Hurleurs), un remplaçant tout trouvé.

Malgré ce regard vitreux, qu’on devine un jour au bord des larmes puis l’autre baigné d’indifférence, et ces narines juvéniles laissant ruisseler un maigre filet de sang, le visuel de Blood laisse transparaître une étonnante luminosité apaisante, imputable – peut-être – au choix des couleurs qui semblent directement restituer la chaleur corporelle filtrant depuis l’épiderme. A juste titre car Blood est le disque le moins corrosif d’Heliogabale. Explorant inlassablement des versants indie rock, voire indie pop (?), Blood est bercé par un optimiste rampant qui caresse, la plupart du temps, dans le sens du poil. Le chant de Sasha Andrès, toujours aussi sublime, entre rocailles incisives et chuchotements intimistes parfois même sucrés, y est développé de façon quasi théâtrale. Si bien, que la section rythmique, autrefois motrice infatigable des compositions d’Heliogabale, est ici remisée au bon dernier rang. C’est bien le seul reproche légitimement faisable à ce nouveau disque, d’autant plus que sur scène, basse et batterie reprennent de manière carnassière le terrain qui leur revient de droit.
Le travail de Philippe Tiéphaine à la guitare est toujours d’une justesse folle. L’animateur d’Heliogabale c’est bien lui. Ses impulsions sont directement branchées sur le ton des morceaux, qui sur Blood évoluent entre pop songs noisy de grandes classes (« Q for Qing », « Foolish If », « Rewind »), noise rock racé (« Juicy Fruit ») et rock bluesy (« Knocked Out », « Drink this jab »), parfois rejoint par un saxophone (« Ô My Friends », « Zigzag »). Jamais le son ne dérape ou ne devient incontrôlable, mais Blood n’en reste pas moins une frise jalonnée de paysages émotionnels hétéroclites. C’est cet aspect, intimement lié au raffinement du songwritting, qui lui vaudra une durée de vie bien supérieure à n’importe quel disque d’indie rock lambda. Et si certains morceaux se révèlent immédiatement, une bonne majorité ne rentreront pleinement en contact avec vous qu’après les écoutes successives et la découverte de détails fascinants.

Comme Mobile Home à sa sortie, Blood risque d’être un disque difficilement compris, voire même difficilement accepté, tant il tranche avec les fantasmes que n’importe quel amateur d’Heliogabale peut imaginer à l’annonce d’un nouveau disque.Finalement, ce sont simplement les mots de « Rewind », ma-gni-fique dernier titre, qui donnent le meilleur qualificatif possible à Blood : « I did not expect this. I take it as a gift ».

(metalorgie.com)

:: Screaming Females, Heliogabale le 5/11/2010 – Marseille (L’Embobineuse)

Cela fait presque un mois que le Montévidéo a fermé ses portes, pour on l’espère pouvoir les rouvrir dans les plus brefs délais. Aujourd’hui c’est notre chère Embobineuse, increvable et impassible, qui accueille cette superbe programmation à la base prévue dans les locaux du GRIM. Il y a d’abord Screaming Females, un groupe du New Jersey avec lequel le contact fut établi sur MySpace juste la veille, histoire de prendre la température. Après leur prestation, je n’ai raisonnablement pas pu rentrer chez moi sans le nouveau disque de ce trio juste sidérant sous le coude. L’autre (gros) morceau de la soirée, c’est le N-ième retour d’Heliogabale. Si Hint, Condense, Drive Blind ou Portobello Bones vous parlent, Heliogabale fait obligatoirement écho en vous. Leur précédent disque (Diving Rooms – 2004) est une merveille de noise rock tendu et balafré de noirceur, le nouveau (Blood) est presque tout le contraire, un disque d’indie rock crépusculaire. 20 après leurs débuts, le groupe parisien n’a rien perdu de sa propension à surprendre et de cette humilité qui leur sied si bien.
(…)
Avec ses jambes interminables prolongées par des talons qui le sont tout autant, son rouge à lèvres et son verni saillants, Sasha Andres marque tout autant sa personnalité que celle d’Heliogabale. Une personnalité qui transpire et suinte au travers de paroles attrape-coeurs et de cette attitude insaisissable et insoumise qui anime Heliogabale depuis les debuts. Comme je l’avais espéré, le groupe a décidé de partager son set entre les morceaux éclairés de Blood et ceux définitivement plus charbonnés des albums précédents, Yolk en majorité me semble t-il. Mes premières impressions sur Blood furent mitigées tant je trouvais la voix de Sasha, si belle soit-elle, trop portée en avant. Si bien que l’impression d’écouter l’album d’une chanteuse, plutôt qu’un groupe se faisait doucement sentir. Un bien grand malheur pour un groupe dont la section rythmique furibarde et les lignes de guitare follement inventives ont un rôle prépondérant. Les pendules sont désormais remises à l’heure car c’est sur scène que des titres comme « Foolish If » ou « Rewind » trouvent leur véritable équilibre, entre chant rauque et mélodies poreuses, et touchent enfin au but. Le concert de ce soir ne cessera d’osciller entre la relative chaleur de Blood et l’âpreté douloureuse des anciens titres. C’est avec la même force et la même conviction qu’Heliogabale peint les deux frises pour finalement parvenir ponctuellement à les joindre, au sein de moments inoubliables ou leur musique semble tendre vers une certaine évidence. Le rappel se fera d’ailleurs sur deux morceaux, un de chaque période, pour nous laisser avec le sentiment d’avoir assisté à un moment suffisamment rare pour qu’on puisse s’en émerveiller encore longtemps.

(metalorgie.com)

Lorsque on aime autant un groupe, lorsqu’on apprécie autant son dernier album, on n’a pas forcément envie d’être seul à le faire, que je sache la musique c’est avant tout une question de partage. Heliogabale n’aura donc pas attiré les foules lyonnaises en délire pour la seconde date d’une nouvelle mini-tournée (la première date à Lyon depuis bien trop longtemps) et c’est bien dommage. Mais Heliogabale va donner aux quelques rares personnes présentes une grande leçon de classe et de musique. Pas une correction mais quelque chose relevant du vécu. Encore merci.
(…)
Après la jeunesse impétueuse et fougueuse c’est au tour d’Héliogabale de s’imposer au Sonic, chose que les parisiens vont réussir dès le premier titre, un Inside Forests pourtant extrait d’un album fort décrié du groupe (Mobil Home) et qui se révèle être une parfaite entrée en matière pour un concert bourré en émotions et en feeling et qui va atomiser les quelques personnes présentes. Suit immédiatement une version inespérée de The Slapped And The Slapper (du premier album album Yolk) ainsi que deux premiers extraits du tout récent Blood – à savoir Juicy Fruit et Foolish It – immédiatement suivis d’un Hunting en provenance directe de l’album Diving Rooms et un nouveau retour sur Yolk avec Traumreiz. Que du (gros) bonheur.
La première moitié du concert d’Heliogabale s’achève et on ne peut alors que constater que le groupe est en forme comme jamais, ravi de jouer ensemble (Marcel Perrin, derrière sa batterie, est un véritable plaisir des yeux) tout en faisant preuve d’une économie de moyens et d’un jeu de scène sobre. Pas de flambe ni d’attitude hautaine mais un groupe mis à nu qui n’hésite pas à s’exposer. Que de la musique et rien que de la musique. Surtout, en piochant dans l’ensemble de sa discographie, Heliogabale a tout de suite su mettre les points sur les i et prouver que les quatre parisiens sont toujours ce groupe majeur mais incompréhensiblement boudé et que le dernier album Blood n’a pas à rougir de ses prédécesseurs, qu’il peut figurer en bonne place dans la discographie d’Heliogabale.
La deuxième partie du concert sera d’ailleurs entièrement consacrée à ce nouvel album, à commencer par une version raide et au cordeau de Q For Qing qui réveille encore plus l’enthousiasme de certains*. Q For Qing est aussi l’occasion pour le nouveau venu Brice Pirotais de faire tourner une de ces lignes de basse qui ont toujours hanté les compositions d’Heliogabale, d’ailleurs il fera preuve pendant tout le concert d’une solidité à toute épreuve, j’en aurais presque oublié l’absence du regretté Viviane Morrison. On admire également le jeu subtil et délicat de Philippe Thiphaine – habillé avec la classe éternelle du dandy – qui change régulièrement de guitare, alterne les prouesses avec une incroyable et apparente facilité et nous gratifie d’un magnifique son, charnel et envoûtant.
Quant à la chanteuse Sasha Andrès, elle est toute en émotions, entre chant et déclamation, avec parfois la voix cassée, en équilibre précaire, comme tirant d’une certaine fragilité toute la force indomptable qu’il faut pour exprimer colère, rage, vie et passion. En guise de final, Knocked Out – titre bluesy, poisseux mais aussi lumineux et rédempteur – est le point culminant du concert. En introduction Sasha explique que Knocked Out parle d’amitié et que l’amitié reste la plus grande et ultime expérience de l’existence humaine. Il y a des jours où se sentir réconforté par une musique est aussi la plus belle des expériences qui soit.

(666rpm.blogspot.com)

Whaoo, pour un groupe que je croyais disparu quelle forme ! Sixième album pour Heliogabale. Comme à chaque fois le groupe va vers une direction un peu différente de celle des albums précédents. Celui-ci me semble plus ROCK que ce que mes souvenirs font ressurgir…

Rock noise un peu entre ce qu’ils faisaient dans les 90’s et un certain Rock Indie actuel. Avec un côté un peu plus apaisé que par le passé (moins de stridences dans la guitare, une section rythmique qui se fait parfois élastique, des passages qui pourraient tirer vers le folk, d’autre vers un peu de cold wave…). Sans oublier des instru ou des arrangements qu’on ne s’attendait pas à entendre chez heliogabale (saxo, slide…). Un Noisy Rock somme toute assez sombre, mais avec (et ça aussi c’est nouveau) de quasi trouées de ciel bleu. Et puis, il y a la voix de Sasha, bien sûr. Celle-ci a également changé. Devenant plus personnelle. Et se modulant en fonction des nécessités de la chanson entre quelque chose de parfois feutrée, et la limite du cri. En tout cas pas du tout un chant uniforme du début à la fin de ces 10 chansons. Ce qui contribue encore à rendre cet album complètement bon. En effet elle joue avec ses inflexions, son débit, et semble même changer de tessiture d’un titre à l’autre. A tel point qu’au début j’ai cru qu’il y avait des guest qui s’étaient joints à Heliogabale pour l’enregistrement de ce « Blood » (c’est particulièrement frappant dans la transition entre le premier et le deuxième morceau, mais pas que, loin de là).
Excellente surprise ! Super réussite !

(www.campusgrenoble.org)

Heliogabale – Blood (Cd – Les Disques Du Hangar 221 – 2010)

Gli Heliogabale sono di Parigi, ma del cosidetto tocco elettronico francese non c’è nessuna traccia in questo disco. « Blood » è permeato, fin dall’iniziale « Q For Qing », da una forte presenza di rock indipendente. Chitarre e basso taglienti, coadiuvati da una batteria che pare un metronomo in azione. Blood, rosso, di un rosso sangue vivo e pulsante, tutti i brani di questo cd sono forti ed intransigenti uniti da una violenza sommersa. Quella violenza che fatica a giungere a galla, che giace sopita nelle braccia di morfeo, ma aspetta solamente il momento migliore per coglierti di sorpresa. Mi piace questo lp, è grintoso, ruvido al punto giusto, vibrante e disarmante. Per certi aspetti un pezzo come « O My Friends » mi ricorda alcuni passaggi sonori dei Pixies se mi è permesso il paragone. La band francese non sbaglia un colpo, tutte le mosse sono indirizzate ad un bersaglio ben definito. I suoni sono rock, decisamente messi a fuoco e gli strumenti dipingono paesaggi di bassa periferia urbana. Benvenuti nella marcia Parigi degli Heliogabale, la città malsana che non avete mai voluto conoscere, benvenuti nel rosso infinito.

(Claudio Baroni, http://blog.libero.it)

ULAN BATOR avec HELIOGABALE et LA DINGUE au Glaz’Art, le 14 Novembre 2012

Heliogabale, pour qui j’avoue être là ce soir, monte sur scène afin de nous donner une prestation digne de ce nom.
En effet, le groupe fête ses vingt ans d’existence, avec presque le même line-up, hormis le bassiste Vivian Morrison remplacé mais quand même présent ce soir. Donc, face à une telle carrière, nous avons donc droit à un aperçu de presque chaque album sauf Mobil Home, pourquoi, je ne sais pas.
Bref, que des tubes ou presque, Mein Natur, My Happy Fly ou Les Chiens mais aussi l’excellente Note 82 ou Q For Qing. Le son est excellent à mon goût et la set-list me donne un goût de trop peu tellement je passe un bon moment. Ils finiront sur Knocked Out, Sasha à genoux devant son micro, vivant les titres jusqu’au bout. Ils s’en iront avant de revenir pour finir avec l’enormissime The Glittering Fish dans une version de presque dix minutes, géant…j’en veux encore…

(LeMasc, http://www.zikannuaire.com)

Minables créatures, mais nous sommes tous pareils : du soleil et c’est parti les hormones. C’est en nettoyant justement ce placard, celui de la cuisine, que vous retrouvez un vieux pot de confiture ; vous vous rappelez quand vous l’avez fait, rangé ici et vous ressentez des moments de plaisir complexes mêlés à de la tristesse… car oui votre arrière grande-tante est morte quelques jours avant. Heliogabale me fait le même effet : une sorte d’instant sombre allié à un bon goût, une bonne conservation, surprenant et qui surtout rappelle des choses comme si on y était. Ça me rappelle mes 16 ans, quand je découvrais le Noise Rock, à cet âge où tu te cherches encore un peu dans certains styles de musique extrême mais que tu ne trouves pas, tu passes par des étapes de Rock plus ou moins aigres avant d’en arriver à la sauce raifort. Je ne connaissais pas ce quatuor avant de voir Blood dans les rangs de ATRDR. 6 albums depuis 1992, bon palmarès la jument ! Et pourtant, les parisiens me provoquent des hauts-le-cœur de surprise, ils ont beau s’inscrire dans une scène précise et même, je crois qu’on peut le dire, être une référence, ils ont leur patte bien marquée : basse lourde et ronronnante mélodifiant la guitare noisy et ce chant souvent énervé ; parfois d’ailleurs tellement énervé qu’on en croirait vraiment un homme ; en somme une sorte d’absolu… Et Héliogabale, le vrai, le résumait plutôt bien : L’absolu n’a besoin de rien. Ni de dieu, ni d’ange, ni d’homme, ni d’esprit, ni de principe, ni de matière, ni de continuité. Pour une fois qu’un anarchiste voit juste…

(JONATHAN NAAS, Monochrome)

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