Chronique webzine OnlyAngelsHaveWings
(Mai 2004)

After weeks of rain, coldness and dubious weather, spring seems finally determined to take over. Everyone is out, sipping beers or whatever pleases them, blissfully sitting at a coffee’s terrace or watching a pointless rugby semi-final, enjoying the warm sun and here I am, shutters closed in the afternoon, pleasantly bopping the head in my dismal apartment to Diving Rooms, making funny faces out of delight to echo the poisonous atmosphere. Here I am, admiring the good-looking digipack that gathers photos conveying themes of alienation and dislocation. Empty places and orphaned doors ominously lighted in storm blue. There’s a graffiti in a lonely swimming-pool that says ‘Remplir est le seul but de l’homme moyen’, meaning ‘Fill up is the sole goal of the average man’. I won’t venture on metaphysical comments; it just prompts me to empty my vodka. ‘Don’t look at me, don’t judge’ sings Andres in the last song…
Heliogabale has been one of the prominent French emo bands in the 90s. They had not released anything since Mobile Home in 1999, an album which eased up their road. At a time when all 90s emo bands tend to calm down, they have chosen to come back the wild way: Diving Rooms sometimes reminds their noisy first efforts Yolk & To Pee (‘Albinos’) even if the sound is much better, fierce but restrained, even if the songs are much more mature, there is urgency here. Samplers out, let there be guitars…
Philippe Thiphaine’s guitar play is irreproachable, alternating raw staccato riffs with hypnotic but threatening arpeggios, somehow reminding Duane Denison. Mentioning Jesus Lizard impressive guitar player is not surprising because there is something appealingly poisonous in the atmosphere, in the energy possessing the music. Of course, actress Sasha Andres bitter female singing is not particularly reminiscent of Yow’s raucous, unwholesome ranting, she’ll make you think of Lydia Lunch or Queen Adreena, especially when shouting. However, references are annoying insofar as Heliogabale is undeniably idiosyncratic. ‘Hunting’ is an incredibly addictive opener while ‘A stone can’t swim’, my favourite song, goes gradually tighter as if it was losing its nerves facing what’s impossible, Andres shouts ‘A stone can’t swim and me neither’ at the end. ‘My happy fly’ and ‘Les Chiens’ carry on in this tense, oppressive direction. When the pace slows down (‘Les papillons’, ‘My happy fly’ to a lesser degree), the band is to be associated with Daisy Chainsaw’s unhealthy creepy, grating songs giving the fuzzy impression that the singer is creeping in a quagmire.
Heliogabale’s 5th album is a great achievement which has just triggered in me the longing to re-discover their previous albums. One of the best albums released this year so far. And it’s self-released !

Chronique Rock&Folk
(Mai 2004)

Le groupe parisien Heliogabale n’a jamais soulevé aucun prix devant une caméra de télé, ni empli aucun Zénith. En douze ans, il a proposé au monde quelques disques, pas élitistes mais pas enregistrés non plus pour ce détestable et suspect plus grand dénominateur commun. Heliogabale n’est pas un groupe maudit. Il avance doucement, à la manière d’un scalpel qui, quoi qu’il arrive, pratiquera son incision. Quatre acteurs : Sasha au chant, que les plus romantiques s’accorderont à comparer à une héroïne de Dostoïevsky. Philippe à la guitare, Vivian à la basse et Marcel à la batterie, trois adeptes d’un bruit ni complaisant ni gratuit. Leur nouvel album, le claustrophobe et pourtant lumineux ‘Diving Rooms’ pratique, avec brio souvent, une noise libérée de toute contrainte de rendement. De toute mécanique superflue également. Ici, la formule est basique et c’est tant mieux. Pour situer, Jesus Lizard, P J Harvey, Sonic Youth (des débuts), Shellac, Sugarcubes, Fugazi, etc. Neuf morceaux, aucun slogan à signaler (merci), où la guitare tournoie jusqu’au vertige, où la batterie et la basse remplacent le cœur et où les voix hurlent et susurrent en anglais et aussi en français. Disque vrai, jamais inaccessible, généreux parce qu’il sait se faire plaisir avant de penser à séduire les masses, ce ‘Diving Rooms’, à l’artwork urbain et glacé, autoproduit, montre qu’il est tout de même possible de composer des morceaux sans forcément être obnubilé par le succès. De plus, Heliogabale possède ce don, rare, d’élever la douleur. Une fois le chaos électrique installé, il sait s’envoler pour caresser l’émotion pure.
Jérôme Reijasse

Chronique Magic
(Mars 2004)

Dans un paysage rock français de plus en plus appauvri, le quatuor parisien Heliogabale fait quasiment figure d’exception culturelle. Emmené depuis dix ans par l’impressionnante chanteuse Sasha Andrès et le guitariste expérimental Philippe Thiphaine, ce groupe dérangeant n’a eu d’autre choix que de sortir des disques par la force du poignet, parcourant l’Europe underground pour des concerts tumultueux proches d’un spectacle de cabaret noise hardcore. Tandis que l’une s’est révélée en tant qu’actrice en jouant une meurtrière introvertie dans l’étonnant premier film de Siegrid Alnoy (Elle Est Des Nôtres), l’autre a peaufiné son projet solo electro This Side Of Jordan et un nouvel album d’Heliogabale. Qui partent tous deux d’une recherche sonore similaire pour finalement s’opposer ou se compléter : voix masculine, chaleureuse et distanciée pour Philippe, chant déchiré et théâtralisé pour Sasha. Malgré une première partie intrigante entre Nick Cave et Suicide, Set The Record Straight perd en pertinence sur l’instrumental Spirale ou sur Inside Productions, vague réminiscence electro biscornue de Tujiko Noriko. Si ce premier essai s’avère à moitié réussi, Diving Rooms d’Heliogabale s’impose en revanche comme le croisement idéal entre les débuts soniques extrêmes de Yolk et la tension maîtrisée de The Full Mind Is Alone The Clear, disque noir et gris enregistré par Steve Albini. C’est donc avec le plaisir que procurent les vraies retrouvailles qu’on se laissera emporter par ce tourbillon de guitares hurlantes et de basses mastodontes, où la batterie sonne le plus souvent comme le tambour d’une machine à laver en pleine phase d’essorage. Et le talent d’Heliogabale ne se limite pas à l’excellence de ses quatre musiciens, qui parviennent tout aussi bien à tracer une mélodie éphémère dans un fracas d’électricité et de rage (Albinos, A Stone Can’t Swim) qu’à s’essayer avec succès au duo vocal émouvant (The Squeaker). Mais c’est peut-être avec Les Chiens, impossible hit punk chanté en français, qu’Heliogabale se rapproche le plus, fond et forme mêlés, de l’essence de sa musique : ‘Oublie et reconstruis-toi de presque rien, avec ton intuition comme loi’.
Thomas Bartel

Chronique RockSound
(Avril 2004)

Le dernier album en date du groupe noise parisien commençait à dater («Mobile Home», 1999). C’est donc avec un plaisir fou qu’on le retrouve après ce long break où chaque membre n’a pas perdu son temps (disque solo pour le guitariste Philippe, théâtre et cinéma pour la chanteuse Sasha, journalisme et activisme indé pour Marcel et Viviane, la vibrante section rythmique du groupe), d’autant que ce nouvel opus s’annonce comme un fantastique retour à la folie électrique qui caractérisait le groupe à ses débuts (il y a presque dix ans maintenant). Il a remisé son sampler au placard, mis de côté son penchant pour l’expérimentation (sans pourtant perdre son envie de se laisser surprendre) et renouer avec l’hystérie collective d’un groupe soudé. Ainsi, le quatuor s’est concentré sur neuf titres, tous pétris d’un rock massif et déglingué, d’une noise ébouriffée, digne héritage de Jesus Lizard, Oxbow et autres Big Black. Sans défaut, «Diving Rooms» devrait vite (re)placer Heliogabale dans le cercle très fermé des groupes phares de la capitale.
Frank Frejnik

Chronique MagicBox
(Avril 2004)

Depuis 1995, Heliogabale édite bon gré mal gré ses albums via des labels très très indépendants (Prohibited, Rectangle, Ubik, Agony…) mais s’associant aussi à des personnages de haute renommée (dont Steve Albini – 1997) et réalisant des tournées européennes impressionnantes.
En 2004, après un petit break, le groupe est de retour avec un album cette fois autoproduit. Mais autoprod ne signifie pas produit à moindre frais et à moindre investissement personnel, bien au contraire. Diving Rooms est un album entier, puissant et rageur.
De la première note à la dernière riff, Heliogabale nous en met plein les oreilles d’un rock sans concession à l’esprit punk. La musique d’Heliogabale version 2004 rappelle par bien des facettes les premières dents des Sugarcubes et Blonde Redhead réunis pour le meilleur uniquement.
Apres un passage par les samplers et les technologies moderne, le quatuor a décidé d’un retour aux sources. Bien lui en a pris !

Chronique Novaplanet
(Avril 2004)

Heliogabale revient avec un quatrième album plein de rage, de fureur et de dissonances. Ca hurle, ça casse, ça saute dans tous les sens, mais ça garde le côté expérimental et barré des débuts.
Leur premier album Yolk avait surpris par ses éclats, son étrangeté absolue et l’absence de recherche mélodique, voulue et assumée. Toute une époque où se lançait en France la scène noisy. Les disques sont enregistrés en quelques jours. On sent cette urgence dans la rythmique et dans l’inspiration. Tout doit aller vite, fort et sans ambages. Le chant cassé et déviant fait parfois penser à Daisy Chainsaw, parfois à une gouvernante anglaise qui aurait pété un câble.
Une claque sonore à base de guitares, surprises sonores, d’un chant déstabilisant. Heliogabale tient sa réputation.
RSC

Chronique Webzine Indiepoprock.net
(Mai 2004)

Voici maintenant dix ans qu’Heliogabale évolue dans la scène alternative française…le niveau est placé haut, et à l’occasion de ce nouvel album, Heliogabale revient vers des bases résolument rock et purement noise.
Les guitares imposent ici leur son, quadrillées par une rythmique decoupée, ou breaks et cassures se suivent mais ne se ressemblent pas, donnant à chaque morceau sa véritable dynamique propre, tout en faisant de cet album un ensemble homogène. Sur cette instrumentation efficace et la plupart du temps bien pensée vient se poser la voix de Sasha Andrès, qui n’hésite pas à se confronter aux instruments, donnant ainsi de bien agréables mélanges. En témoigne « Hunting », morceau à la fois saccadé et entraïnant qui nous emmène dans le vif du sujet; « Stearin », plus pop, n’en est pas moins très reussie.
Héliogabale compose ses morceaux efficaces avec des guitares rugueuses, mais qui n’en portant pas moins des mélodies imparables et habilement mises en évidence par la puissance de la base rythmique. Entre une noise et un post-hardcore particulièrement maïtrisés, « Diving Rooms » est un album qui va droit au but et qui ne trompe certainement pas : Ne fais pas un album comme celui la qui veut.
Bien peu de groupes français peuvent ëtre comparés à Heliogabale à l’heure actuelle.
Par Jul

Chronique du webzine AdecouvrirAbsolument
(Mai 2004)

Être accueilli par PJ Harvey période rid of me (hunting), de façon rêche violente accrochant le moindre son pour s’en faire un manteau contre les assauts, c’est à, la fois rude et surprenant. Retour donc à un son brut, mais jamais lourd, d’un son que les années passant nous aurions oublié. Ce sont les sugarcubes qui reviennent à notre mémoire sous les traits de stearin ou de the squeaker et ce contrepoids chant/musique. La chanteuse joue sur une poutre en altitude avec le fond comme la chute, comme unique recours. En bas heliogabale croisera peut être un albinos. Un albinos c’est blanc, et à l’écoute de ce morceau la moindre personne atteinte de cette maladie acroissera ses symptômes. Chez heliogabale, il n’est pas évident qu’une pierre ne pourra nager (a stone can’t swim). Au moins marcher sur l’eau par le jeu des ricochets, car chez eux on ne connaît pas la ligne continue Après la nage le vol, on pense à Meet ze monsta de miss harvey. Ici le chant ne s’appuie pas sur la musique pour se tracer une route. Il s’appuie uniquement sur la rage. Les papillons de heliogabale ont une vie simple une naissance dans le chaos puis décide de plonger à la manière d’un kamikaze (les papillons) Avec les chiens, l’animal n’est pas celui que l’on croit. Rageur et touchant Few of us la chanson de fin comme quand la rage laisse place à l’abandon au renoncement. Dans la souplesse heliogabale s’offre une montée d’adrénaline. Morceau de bravoure épileptique et épique, épique comme ce retour au son brut et grinçant, une rencontre piquante, une vraie bousculade un jour de distribution de denrée dans un pays en famine. Nous étions en famine de ce son. Miam miam.

Chronique Poin-Poin.com
Comment décrire la musique d’Heliogabale ? Allez, on va dire que c’est de la Noise. Mais sur Diving Rooms pas de plages bruitistes abstraites : nous sommes devant une véritable architecture sonore qui pourtant échappe au traditionnel couplet/refrain et aux clichés mélodiques d’un rock classique. Le deuxième atout de ce groupe est la voix de la chanteuse Sascha Andrès. Sascha ne fait pas la petite fille : elle est un bloc de sensualité déchaîné. Sascha fait du rock et assume. La tension est permanente : pas de soumission mais de la révolte, pas de la douceur mais du désir (finalement, cela ne résonnerait-il pas comme un manifeste féministe implicite ?). Il est étonnant de constater a quel point voix et musique se rejoignent pour former une seule et même pâte musicale ; le tout est d’une cohérence rageuse et magnifique !
Heliogabale a plus de dix ans d’existence et me semble injustement méconnu. Pourtant le groupe a eu le temps de changer plusieurs fois de chemin. Leur noise sans concessions et cependant très construite (Yolk en 1995 et The Full Mind Is Alone The Clear produit par Steve Albini en 1997) a fait place à un travail plus aéré depuis l’album Mobile Home, tout en gardant une identité forte. Essayer Diving Rooms, c’est sans doute ouvrir la porte la plus accessible qui vous mènera au reste de leur oeuvre, j’en suis convaincu.
lien direct.

Chronique Next Clues.com
Retour du quatuor parisien, 5 ans après leur dernière apparition discographique, le très moyen Mobile Home. Pour ce Diving Rooms, on annonce un retour aux sources des premiers opus sortis dans la deuxième moitié des années 90, formidables de noirceur et de violence. Après écoute, on en est convaincus, c’est bien le cas, heliogabale renoue avec ce qui a fait sa force, un noise rock marqué par Jesus Lizard, Oxbow ou encore Birthday Party, à la fois noise, noir, obscur, complexe mais incroyablement bon. Tendu sur la rythmique de Perrin et Morrisson, Tiphaine reprend ses expérimentations, ses arpèges désenchantées sans omettre de déchirer le tout de riffs gras et décapants et Sasha Andrès trouve à nouveau ce mélange de fragilité et de folie, entre PJ Harvey et Lydia Lunch, qui caractérisait leur première partie de parcours. Parfois chanté en français, Diving Rooms marque donc le retour au premier plan d’un des groupes phares de la scène française des 90’s. Reste à les redécouvrir en concert ce qui ne s’avère pas si facile puisque la plupart des dates prévues depuis la sortie de Diving Roms ont dû être annulées en raison des activités professionnelles des uns et des autres. A suivre donc.
(11/10)
{Olivier}

Chronique Liability (janvier 2005)

Il suffit de jeter un coup d’œil furtif à la biographie du groupe ainsi qu’aux projets de chacun des membres, pour deviner et mesurer la passion, l’envie, la construction qui anime et guide Heliogabale, au niveau musical comme dans d’autres domaines artistiques. Composé de Sasha Andres (actrice parallèlement), Vivian Morrisson (animateur de l’émission Helter Skelter sur Aligre FM, collaborateur d’ Octopus), Philippe Thiphaine (Tunal, This Side of Jordan) et Marcel Perrin (maquettiste, ancien programmateur aux Instants Chavirés), on peut dire que les membres d’Heliogabale forment une fine et activiste équipe.

Depuis la création du groupe en 1992, et leur premier album – Yolk (Agony-1995)-, le groupe a suivi un parcours tortueux, s’aventurant un peu plus loin à chaque album. Diving Rooms , dernière livraison en date, après une pause de 3 ans, confirme le talent d’ Heliogabale . Abandonnant le sampler, retrouvant une force et une énergie démentes, ce quatuor parisien nous offre une nouvelle occasion de prouver à ceux qui pouvaient encore en douter que le rock français est en bonne santé, et qu’il ne se limite pas à certains groupes médiocres et médiatisés.

Imaginatif, ne s’arrêtant pas aux limites imposées par une soit-disante règle, cet album est toujours à la recherche de sonorités, et de nouveaux horizons. Chaque morceau semble être le résultat d’un long processus : celui de l’aboutissement d’une image imaginée, modelée, et créée réellement par des sons. On prend alors conscience que l’art en général est un riche moyen d’expression. Les neuf morceaux constituant cet album séduisent par leur dynamisme, les voix masculine et féminine entremêlées, des riffs de guitare à n’en plus finir, et surtout l’atmosphère qui s’en dégage. Diving Rooms confirme l’importance qu’a Heliogabale dans le milieu du rock français. Electrique…
par Noémie, chronique publiée le 25-01-2005

Chronique Pulsomatic
Les barbelés sont de sortie. Avec Diving Room le domaine des musiques à écouter plein pot est bien gardé. 10 ans d’existence, quatrième album, le bouquet est à son maximum d’amplitude. Les expériences de studio avec le père Albini a porté ses fruits. Le son est agressif à souhait, teigneux et irrésistiblement pop, façon hurlement déjanté de PJ Harvey dans Bring you my love. C’est là que le charme opère, la voix de Sasha Andrès. La fragilité féminine associée à l’hystérie virile de guitares rageuses déphasées rappelle les pogos imaginaires que les chiens fous s’inventent en écoutant Trompe le monde des Pixies. Enregistré sur le label Prohibited Records, Heliogable rompt un break de plus de cinq ans. La pression, l’envie, la faim et le désir font le reste. Les guitares jalouses ne veulent pas se laisser caresser par la voix féline. Toutes griffes dehors les six cordes zèbrent l’espace mental d’une action painting qui doit plus au fauvisme qu’à l’impressionnisme. Le trio angevin Skeëem trouve ici un véritable mentor. Avec Héliogable, la déferlante sonic pop peut submerger le fan transi allongé sur la plage les bras en croix depuis le dernier concert de Blonde Redhead. À «redécouvrir» absolument.
RÉGINALD GUINEE

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