Chronique MAGIC! (mars 2000)
Est-ce le ventre de Sasha qui gonfle la pochette ? La chanteuse d’Heliogabale a récemment accouché d’un petit garçon. On la félicite car cette maternité a peut-être joué un rôle dans l’évolution du groupe. Depuis Yolk, premier album énervé mais intelligent, le groupe parisien a pas mal mué. De l’école Lydia Lunch et Kim Gordon, la voix est peu à peu passée à un univers proche de Bjork. Pas la Bjork susurrante, mais l’Islandaise énervée. Pour autant, Sasha n’est pas un énième clone de l’elfe nordique, son chant est plus rauque et ses intonations sont plus personnelles. La musique a elle aussi beaucoup changé, même en prenant pour référence The Full Mind Is Atone The Clear, le troisième Lp. Auparavant torturées mais pourvues d’une direction franche et assez violente, les compositions s’assouplissent, s’autorisent des pauses, des paresses, un peu de vague pour mieux frapper avec énergie. Les sons, très travaillés, ne cherchent pas systématiquement à créer un malaise douloureux, plutôt à suggérer des émotions complexes. Les quelques invités, Eugene Robinson (le chanteur d’Oxbow) et Jérôme Lorichon (le trompettiste de Purr), sont en phase avec cette nouvelle approche plus climatique, à la tension plus sourde. En ouvrant une porte, Heliogabale est sorti de l’espace aliéné qu’il connaissait si bien pour se confronter à un espace plus vaste, plus troublant et moins connu. Bonne route !

Chronique Rocksound (avril 2000)
Relativement méconnus du grand public,les Parisiens d’Heliogabale tiennent avec « Mobile Home » leur Quatrième album, l’opportunité de se faire connaître. Les déhanchements expérimentaux restent d’actualité, mais le groupe parvient à synthétiser ses chaotiques débuts avec un souci de clareté et de perfectionnement des ambiances. « C’est une évolution naturelle », commentent Vivian (basse), Sasha (chant), Marcel (batterie) et Philippe (guitare). « Nous avons enregistré une démo l’année dernière. En la réécoutant, on s’est dit que si l’on développait l’album dans cette veine, on composerait un disque de plus sans l’excitation de nos débuts. Deux mois avant notre entrée en studio, on a choisi de tout reprendre à zéro. » Héliogabale se classe parmi les groupes qui refusent la redite. Les Parisiens transpirent le goût du risque. Pour « Mobile Home », au lieu de se lover dans les strates de bruits d’antan, le quatuor se déleste des couches de guitares opaques pour un swing hypnotique emmené par le chant à fleur de peau de Sasha qui rappelle Björk dans certaines intonations. « On a eu envie d’intégrer une technique de composition différente. On a cherché à simplifier nos morceaux tout en conservant une richesse dans le son et les harmonies. » Pour se faire, le groupe s’adjoint les services d’Al Sutton, producteur américain connu pour ses travaux avec Don Caballero et Today Is The Day.  » Bizarrement, il a aussi fait Kid Rock. Après Albini pour ‘The Full Mind Is Alone The Clear’ et sa manière d’enregistrer dans l’urgence, on a eu envie de travailler en étroite collaboration avec une personne extérieure et la laisser influer sur notre musique ». »Mobile Home » sort quelques mois après la venue au monde du petit garçon de Sasha. « Un Mobile Home est une façon amusante d’imaginer quelqu’un dans un ventre. Le Mobile Home caractérise aussi le groupe en tournée. Nous vivons dans une bulle comme les gens du voyage ». Comme à chaque fois, Heliogabale émeut par son mélange de pudeur et d’exhibitionnisme.

Chronique Next Clues.com
Ça aurait dû être un album d’anthologie mais ce n’en est pas un. heliogabale avait pourtant réussi à s’imposer comme l’un des combos phares de la scène française en dépit d’une image intello pas toujours bien perçue, avait eu le bonheur d’accueillir Eugene Robinson d’Oxbow pour ce nouvel album et poursuivait leur bonhomme de chemin sur Prohibited Records. Tout s’annonçait pour le mieux, mais non, patatras, l’apparition de samples, des choix discutables conduisant à un ramollissement généralisé ne convaincront pas les fans. Ce Mobile Home consacre une forme d’apaisement au moment ou l’on attendait une nouvelle apologie de la noirceur. Le Berceau de Sperme qui a engendré l’Héliogabale né des lectures d’Artaud, de Bataille et de l’écoute de Jesus Lizard et autres agités du ciboulot, n’est plus désormais qu’un long fleuve tranquille. Après cet album, heliogabale disparaît, chacun profitant pour multiplier les expériences. Sasha Andrès fait quelques apparitions cinématographiques plus ou moins remarquées, collabore avec Virginie Despentes et un courant thrash littérature plus ou moins inintéressant parce que galvaudé. Thiphaine se plonge dans la prod, Perrin dans Dragibus. Tout ça pourrait paraître dommage mais leur retour en 2004 n’en sera que plus bluffant.
(6/10)
{Olivier}

Chronique du webzine Kromozoom (2000)
Attention, cet album va certainement en surprendre quelques-uns parmi vous : en effet, les ambiances bruitistes, torturées, voire malsaines, des trois premiers opus (ultra-conseillés, par ailleurs), place à des atmosphères plus calmes, plus sensuelles aussi (« Gutted » avec Eugène Robinson d’OXBOW), presque sereines par moments… Beaucoup d’influences 80’s, mais aussi de nouveaux instruments comme une trompette jazz, le piano ou l’harmonium (jouées par Jérôme de PURR) le mélodica ou le Fender Rhodes, mais aussi le sampleur ou l’orgue, viennent de s’ajouter à l’Héliogabale qu’on connaît bien, annonçant peut-être une transition vers autre chose. Décidément, ils n’ont pas fini de nous surprendre. Josselin

la « fameuse » Chronique du webzine Fuel/Kerozene (avril 2000)
Lorsqu’un groupe vous déçoit, autant le prendre avec le sourire, du moins je l’espère…. Voici des extraits et critiques faciles de la fiche promotionnelle du nouvel album d’Heliogabale : « Cet album révèle une nouvelle orientation ». J’aurais plutôt tendance à évoquer un manque d’inspiration. « …qui libère des espaces » : phrase typique d’un label emmerdé par un disque raté. « et propose des compositions plus atmosphériques » : ça c’est sûr, je m’assoupis à chaque écoute. « à noter une collaboration très surprenante » : pourquoi ? « du chanteur du groupe américain Oxbow » : c’est le seul bon titre, « et la participation à quelques titres de Lorichomberg de Purr » : et Didier Lockwood tant qu’on y est, « alternant piano, trompette et harmonium » : faudrait apprendre à manipuler au moins un de ses instruments avant de se mettre en avant. « De son coté Sasha Andres y a développé un chant très mélodique et touchant » : de platitude. « Le groupe finit de mettre en ligne son propre site internet » : il est plus facile de parler de ça que de défendre le disque. « Une tournée en Angleterre est en préparation » : préparer la bien et restez-y !! (NDR : il a dit « à prendre avec le sourire » hein…. d’accord ?) Gwen (05/05/2000)

l’autre chronique « hilarante » du fanzine Compact (printemps 2000)
Dans le genre torturé en recherche de branchouillitude, Heliogabale se pose comme sérieux candidat ! Il leur est impossible de composer une chanson qui ne soit pas volontairement bancale, tant leur désir de paraître décalé est évident. Seul hic -mais il est de taille- l’auditeur sans repère prend la poudre d’escampette et n’attend plus qu’une chose : qu’on vienne le délivrer et qu’on arrête là les souffrances qu’il supporte depuis d’interminables minutes. À côté, le bambou sous les ongles et autres sadiqueries perpétuées par les japonais pendant la seconde guerre mondiale, c’est du pipi de caribou verdâtre ! Pour amateurs de bruits de casserole dissonants seulement. À ranger entre Purr et impur.

Share