REVIEWS (Yolk)
- janvier 24th, 2010
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Chronique Next Clues.com
«Héliogabale ou l’Anarchiste Couronné» est le titre d’un roman poétique, violent, pornographique et décadent du génialissime Antonin Artaud. L’auteur y décrit la vie d’un empereur détraqué de la Rome antique très concerné par sa gaule et le bouquin commence par une page de cochoncetés magnifiques dont le fameux : «Héliogabale, né dans un berceau de sperme, mort dans un oreiller de sang». Ce livre parmi les plus violents de toute la littérature a évidement servi de référence à ce combo parisien qui sortait un énorme premier album en 1995. Déjà avant écoute, ce premier opus avait de quoi séduire: les intellos voyaient apparaître sur la pochette une allusion suggestive à l’Histoire de l’œil de Georges Bataille tandis que les autres y voyait une scène érotique à caractère gastronomique, les deux y voyant au final un cul nu offert en pâture à un œuf très plat. A l’intérieur, même effet, le noise rock d’heliogabale était sombre et puisait son inspiration entre Birthday Party, The Jesus Lizard, le cabaret allemand et les références littéraires. Avec cette connotation très intello qui les poursuivra durant leur longue carrière, le mélange des genres littéraires et musicaux d’Héliogabale qui auraient pu rapidement tourner à la prise de tête s’est avéré être une véritable machine de guerre et l’album une boucherie. Sacha Andrès, la chanteuse, y joue de ses charmes, hurlante, hystérique ou langoureuse et pose sa voix sur un modèle de noise rock découpé, percuté par la basse de Vivian Morrisson et rongé des riffs énormes de Philippe Tiphaine. Tout du long de 13 titres envoyés ou balancés en anglais voire en allemand, ponctués de quelques gifles comme Over Rump Waltz ou X, Yolk s’impose comme l’un des meilleurs albums français d’une période qui n’en manquait pourtant pas.
(10/10)
{Olivier}
Chronique ZikZine n°6 par Marie-Pierre Boniol


